Association entre régime pro-végétal et risque de cancers dans la cohorte prospective NutriNet-Santé

Int J Cancer. 2018 143(9):2168-2176

Kane-Diallo A, Srour B, Sellem L, Deschasaux M, Latino-Martel P, Hercberg S, Galan P, Fassier P, Guéraud F, Pierre FH, Kesse-Guyot E, Allès B, Touvier M

Divers produits végétaux (ex : fruits, légumes…) sont associés à une diminution du risque de cancers tandis que la viande rouge et la charcuterie sont associés à une augmentation de risque de cancers. Un score reflétant une alimentation plus riche en produits végétaux et moins riche en produits animaux a récemment été développé et a été associé à une diminution de risque de mortalité globale, de diabètes de type 2 et de maladies cardiovasculaires chez des adultes omnivores. L’objectif de ce travail était d’étudier les associations prospectives entre ce score « pro-végétal » et le risque de cancers. 

Cette étude prospective a inclus 42 544 hommes et femmes, âgés de 45 ans et plus, issus de la cohorte prospective française NutriNet-Santé (2009-2016), qui avaient complété au moins 3 enregistrements alimentaires de 24 h pendant la première année de suivi. Le risque de développer un premier cancer a été estimé par un modèle de Cox multivariable par tertiles sexe-spécifiques du score « pro-végétal ».

Au total,  1 591 premiers cas de cancers incidents ont été diagnostiqués au cours du suivi, parmi lesquels 487 cas de cancers du sein, 243 cas de cancers de la prostate, 198 cas de cancers digestifs et 68 cas de cancers du poumon. Un score « pro-végétal » plus élevé était associé à une diminution du risque de cancers au global (HRt3vs.t1 = 0,85 ; IC 95 % 0,76 ; 0,97 ; ptendance = 0,02), de cancers digestifs (HRt3vs.t1 = 0,68 ;  IC 95 % 0,47 ; 0,99 ; ptendance = 0,04) et de cancers du poumon (HRt3vs.t1 = 0,47 ; IC 95 % 0,25 ; 0,90 ; ptendance = 0,02). Aucune association significative n’a été observée pour les cancers du sein et de la prostate.

Cette étude de cohorte suggère qu’un régime alimentaire plus riche en produits végétaux et moins riche en produits animaux, au sein d’un régime omnivore, contribuerait à la prévention des cancers. Ces résultats sont cohérents avec les données issues des études expérimentales.