Association prospective entre adhésion aux recommandations nutritionnelles et risque de symptômes dépressifs incidents dans la cohorte française NutriNet-Santé

Br J Nutr. 2018 120(3):290-300

Adjibade M, Lemogne C, Julia C, Hercberg S, Galan P, Assmann KE, Kesse-Guyot E.

Br J Nutr. 2018 120(3):290-300
Adjibade M, Lemogne C, Julia C, Hercberg S, Galan P, Assmann KE, Kesse-Guyot E.

Plusieurs études ont suggéré un rôle protecteur des habitudes alimentaires saines sur le risque de dépression, mais très peu se sont intéressées aux associations avec l’adhésion aux recommandations nutritionnelles (recommandations basées à la fois sur les aliments et les nutriments). Le but de ce travail était d’étudier ce type d’associations dans la cohorte NutriNet-Santé.

Cette étude comprenait 26225 participants âgés de 18-86 ans, initialement exempts de symptômes dépressifs et ayant les données nécessaires pour le calcul des scores nutritionnels.  L'adhésion aux recommandations nutritionnelles a été mesurée par quatre scores : la version modifiée du Programme National Nutrition Santé Guideline Score (mPNNS-GS), « Alternative Healthy Eating Index-2010 » (AHEI-2010), « Diet Quality IndexInternational » (DQI-I) et « Probability of Adequate Nutrient intake Dietary score » (PANDiet), en utilisant les données des enregistrements alimentaires non consécutifs au cours des 2 premières années de suivi (nombre moyen d’enregistrements de 24 h = 8, EC 2). Les cas incidents de symptômes dépressifs ont été définis par une Center for Epidemiologic Studies-Depression Scale (CES-D) ≥ 17 pour les hommes et ≥ 23 pour les femmes. Les modèles de Cox par intervalle ont été utilisés pour estimer les risques relatifs (RR) et les intervalles de confiance (IC) à 95 %, après standardisation des scores.   

Après un suivi moyen de 6 ans, 2166 cas de symptômes dépressifs ont été identifiés. Tous les scores nutritionnels, à l'exception de l'AHEI2010, étaient significativement inversement associés aux symptômes dépressifs incidents. Après ajustement sur les différents facteurs de confusion potentiels, l’augmentation d’1 EC des scores mPNNS-GS, PANDiet et DQI-I était respectivement associée à 8 % (IC à 95 % 4 %, 13 %), 5 % (IC à 95 % 1 %,  9 %) et 9 % (95 % IC 5 %, 13 %) de réduction du risque de symptômes dépressifs. 

Ces résultats suggèrent que le respect des recommandations alimentaires, nationales ou internationales, et des apports nutritionnels conseillés pourrait contribuer à la promotion de la santé mentale chez l’adulte.