Associations entre les expositions aux additifs alimentaires conservateurs et l'incidence de cancer dans la cohorte prospective NutriNet-Santé
Publié le 06/03/2026
Anaïs Hasenböhler, Guillaume Javaux, Marie Payen de la Garanderie, Fabien Szabo de Edelenyi, Paola Yvroud-Hoyos, Cédric Agaësse, Alexandre De Sa, Inge Huybrechts, Fabrice Pierre, Marc Audebert, Xavier Coumoul, Chantal Julia, Emmanuelle Kesse-Guyot, Benjamin Allès, Valérie Deschamps, Serge Hercberg, Benoit Chassaing, Bernard Srour, Mélanie Deschasaux-Tanguy, Mathilde Touvier
Hasenböhler A, Javaux G, Payen de la Garanderie M, de Edelenyi FS, Yvroud-Hoyos P, Agaësse C, De Sa A, Huybrechts I, Pierre F, Audebert M, Coumoul X, Julia C, Kesse-Guyot E, Allès B, Deschamps V, Hercberg S, Chassaing B, Srour B, Deschasaux-Tanguy M, Touvier M. Intake of food additive preservatives and incidence of cancer: results from the NutriNet-Santé prospective cohort. BMJ. 2026 Jan 7;392:e084917. doi: 10.1136/bmj-2025-084917. PMID: 41500678.
Objectif : Étudier l'association entre la consommation d'additifs alimentaires conservateurs et l'incidence de cancer dans une vaste cohorte prospective.
Contexte : Cohorte française NutriNet-Santé, 2009-2023.
Participants : 105 260 participants (≥15 ans) sans cancer prévalent ayant rempli au moins deux enregistrements alimentaires de 24 heures à l’inclusion.
Méthodes : L’apport cumulé en conservateurs a été évalué au fil du temps à l’aide d’enregistrements alimentaires de 24 heures répétés tous les six mois incluant les noms commerciaux/marques des aliments industriels consommés. Ces informations ont été mises en lien avec de multiples bases de données de composition et des dosages d’additifs dans les produits alimentaires ont été réalisés pour les paires additif-aliment les plus fréquemment consommées. Les associations entre l’exposition aux conservateurs (3 catégories : non consommateurs ou faibles consommateurs / consommateurs moyens / plus forts consommateurs) et l’incidence de cancer ont été caractérisées à l’aide de modèles de Cox à risques proportionnels ajustés sur les facteurs de confusion potentiels.
Résultats : L’âge moyen des participants au début de l’étude était de 42,0 ans (écart type [ET] : 14,5 ans), et 78,7 % étaient des femmes. Un cancer incident a été diagnostiqué chez 4 226 participants (suivi moyen = 7,57 ans [ET : 4,56 ans]), dont 1 208 cancers du sein, 508 de la prostate, 352 colorectaux et 2 158 autres localisations de cancers. Une consommation plus élevée de plusieurs conservateurs était associée à une incidence plus élevée de cancers : les conservateurs non-antioxydants totaux étaient associés à une incidence plus élevée de cancers au global (risque relatif pour les consommateurs élevés par rapport aux non-consommateurs ou aux consommateurs faibles : 1,16 [intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,07 à 1,26] ; risque absolu de cancer à 60 ans : respectivement 13,3 % et 12,1 %) et de cancer du sein (1,22 [1,05 à 1,41] ; 5,7 % et 4,8 %), sorbates totaux, et plus particulièrement sorbate de potassium, associés à l’incidence de cancer au global (1,14 [1,04 à 1,24] ; 13,4 %, 11,8 %) et de cancer du sein plus spécifiquement (1,26 [1,07 à 1,49] ; 5,7 %, 4,6 %) ; sulfites totaux associés au risque de cancer au global (1,12 [1,02 à 1,24] ; 13,4 %, 11,9 %) ; métabisulfite de potassium associé à l’incidence de cancer au global (1,11 [1,03 à 1,20] ; 13,5 %, 12,0 %) et de cancer du sein (1,20 [1,04 à 1,38] ; 5,7 %, 4,9 %) ; nitrite de sodium associé au cancer de la prostate (1,32 [1,02 à 1,70] ; 4,2 %, 3,4 %) ; nitrate de potassium et cancer au global (1,13 [1,05 à 1,23] ; 14,0 %, 12,0 %) et cancer du sein (1,22 [1,05 à 1,41] ; 5,9 %, 4,8 %) ; acétates totaux et cancer au global (1,15 [1,06 à 1,25] ; 14,3 %, 12,2 %) et cancer du sein (1,25 [1,07 à 1,45] ; 6,1 %, 4,9 %) ; acide acétique et cancer au global (1,12 [1,01 à 1,25] ; 14,4 %, 12,4 %) ; et érythorbate de sodium et cancer au global (1,12 [1,04 à 1,22] ; 13,5 %, 11,9 %) et cancer du sein (1,21 [1,04 à 1,41] ; 5,7 %, 4,8 %). Sur les 17 conservateurs étudiés individuellement, 11 n'étaient pas associés à l'incidence de cancer.
Hasenböhler A, Javaux G, Payen de la Garanderie M, de Edelenyi FS, Yvroud-Hoyos P, Agaësse C, De Sa A, Huybrechts I, Pierre F, Audebert M, Coumoul X, Julia C, Kesse-Guyot E, Allès B, Deschamps V, Hercberg S, Chassaing B, Srour B, Deschasaux-Tanguy M, Touvier M. Intake of food additive preservatives and incidence of cancer: results from the NutriNet-Santé prospective cohort. BMJ. 2026 Jan 7;392:e084917. doi: 10.1136/bmj-2025-084917. PMID: 41500678.
Objectif : Étudier l'association entre la consommation d'additifs alimentaires conservateurs et l'incidence de cancer dans une vaste cohorte prospective.
Contexte : Cohorte française NutriNet-Santé, 2009-2023.
Participants : 105 260 participants (≥15 ans) sans cancer prévalent ayant rempli au moins deux enregistrements alimentaires de 24 heures à l’inclusion.
Méthodes : L’apport cumulé en conservateurs a été évalué au fil du temps à l’aide d’enregistrements alimentaires de 24 heures répétés tous les six mois incluant les noms commerciaux/marques des aliments industriels consommés. Ces informations ont été mises en lien avec de multiples bases de données de composition et des dosages d’additifs dans les produits alimentaires ont été réalisés pour les paires additif-aliment les plus fréquemment consommées. Les associations entre l’exposition aux conservateurs (3 catégories : non consommateurs ou faibles consommateurs / consommateurs moyens / plus forts consommateurs) et l’incidence de cancer ont été caractérisées à l’aide de modèles de Cox à risques proportionnels ajustés sur les facteurs de confusion potentiels.
Résultats : L’âge moyen des participants au début de l’étude était de 42,0 ans (écart type [ET] : 14,5 ans), et 78,7 % étaient des femmes. Un cancer incident a été diagnostiqué chez 4 226 participants (suivi moyen = 7,57 ans [ET : 4,56 ans]), dont 1 208 cancers du sein, 508 de la prostate, 352 colorectaux et 2 158 autres localisations de cancers. Une consommation plus élevée de plusieurs conservateurs était associée à une incidence plus élevée de cancers : les conservateurs non-antioxydants totaux étaient associés à une incidence plus élevée de cancers au global (risque relatif pour les consommateurs élevés par rapport aux non-consommateurs ou aux consommateurs faibles : 1,16 [intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,07 à 1,26] ; risque absolu de cancer à 60 ans : respectivement 13,3 % et 12,1 %) et de cancer du sein (1,22 [1,05 à 1,41] ; 5,7 % et 4,8 %), sorbates totaux, et plus particulièrement sorbate de potassium, associés à l’incidence de cancer au global (1,14 [1,04 à 1,24] ; 13,4 %, 11,8 %) et de cancer du sein plus spécifiquement (1,26 [1,07 à 1,49] ; 5,7 %, 4,6 %) ; sulfites totaux associés au risque de cancer au global (1,12 [1,02 à 1,24] ; 13,4 %, 11,9 %) ; métabisulfite de potassium associé à l’incidence de cancer au global (1,11 [1,03 à 1,20] ; 13,5 %, 12,0 %) et de cancer du sein (1,20 [1,04 à 1,38] ; 5,7 %, 4,9 %) ; nitrite de sodium associé au cancer de la prostate (1,32 [1,02 à 1,70] ; 4,2 %, 3,4 %) ; nitrate de potassium et cancer au global (1,13 [1,05 à 1,23] ; 14,0 %, 12,0 %) et cancer du sein (1,22 [1,05 à 1,41] ; 5,9 %, 4,8 %) ; acétates totaux et cancer au global (1,15 [1,06 à 1,25] ; 14,3 %, 12,2 %) et cancer du sein (1,25 [1,07 à 1,45] ; 6,1 %, 4,9 %) ; acide acétique et cancer au global (1,12 [1,01 à 1,25] ; 14,4 %, 12,4 %) ; et érythorbate de sodium et cancer au global (1,12 [1,04 à 1,22] ; 13,5 %, 11,9 %) et cancer du sein (1,21 [1,04 à 1,41] ; 5,7 %, 4,8 %). Sur les 17 conservateurs étudiés individuellement, 11 n'étaient pas associés à l'incidence de cancer.