Associations entre le statut pondéral et les scores d’attirance pour le sucré, le salé et le gras en fonction du sexe chez les adultes (Etude NutriNet-Santé)

Eur J Clin Nutr. 2015 69(1):40-6

Deglaire A, Méjean C, Castetbon K, Kesse-Guyot E, Hercberg S, Schlich P.

Les préférences sensorielles pour certains goûts pouvant être associées à l’obésité, cette étude a investigué si les sujets obèses présentaient une attirance sensorielle plus élevée pour le sucré, le salé, et le gras que les sujets normo-pondéraux.

Des scores d’attirance sensorielle ont été construits à partir d’un questionnaire incluant 83 items mesurant l’attirance pour les aliments gras, sucrés et salés, et les niveaux d’assaisonnement en sel, sucre et matières grasses préférés. Les données auprès de 46909 adultes inclus dans l’étude NutriNet-Santé, cohorte observationnelle française basé sur internet, ont été collectées et redressées en fonction des caractéristiques sociodémographiques de la population générale. Les relations entre scores d’attirance et l’indice de masse corporelle (IMC) ont été évaluées séparément par sexe par des modèles de régressions linéaires et des analyses de covariance, ajustées sur l’âge, le niveau d’éducation, le lieu de résidence, le tabagisme et la consommation d’alcool.

Globalement, les scores d’attirance sensorielle pour le salé et le gras étaient positivement associés de manière linéaire à l’IMC à la fois chez les hommes et les femmes (P ≤ 0,001) et étaient plus élevés chez les personnes obèses comparés aux individus normo-pondéraux. La différence de moyennes de scores entre les catégories d’IMC était plus élevée chez les femmes pour l’attirance pour le gras uniquement. Concernant l’attirance pour le sucré, les résultats différaient entre les hommes et les femmes et les sous facteurs composant l’attirance pour le sucré : L’attirance pour l’ajout de sucre et celle pour les aliments sucrés étaient positivement associée à l’IMC chez les femmes mais pas chez les hommes ; l’attirance pour les sucres naturels était inversement associée à l’IMC pour les deux sexes.

Cette étude démontre que les relations entre l’attirance sensorielle et l’IMC diffèrent en fonction du sexe, dans son intensité pour le gras et dans sa nature pour le sucré, contrairement au salé. L’attirance pour le sucré et le gras pourrait être associée à une surconsommation pour ce type d’aliments, en particulier chez les femmes.