Que sait ou croit savoir la population à propos de la vitamine D ?

Nutrients. 2016 8(11):e718

Deschasaux M, Souberbielle JC, Partula V, Lécuyer L, Gonzalez R, Srour B, Guinot C, Malvy D, Latino-Martel P, Druesne-Pecollo N, Galan P, Hercberg S, Kesse-Guyot E, Fassier P, Ezzedine K, Touvier M

La population a été exposée à de nombreuses informations sur la vitamine D, suggérant que la vitamine D pourrait jouer un rôle sur la santé, suscitant donc un intérêt pour l’insuffisance en vitamine D. Que sait réellement la population à ce sujet ?

Dans une étude transversale, nous avons investigué les connaissances et les opinions liées à la vitamine D chez 59 273 adultes français (cohorte NutriNet-Santé) via un questionnaire spécifique portant sur différents aspects de la vitamine D, comme par exemple les sources d’information, les sources de vitamine D, les effets santé de la vitamine D et l’opinion vis-à-vis du statut en vitamine D. Les réponses à ce questionnaire ont été pondérées en fonction de la distribution sociodémographique française et comparées en termes de caractéristiques individuelles (ex : sexe, âge, niveau d’éducation, revenu) en utilisant des tests χ².

Les médecins et les médias ont été identifiés comme les informateurs principaux. Les participants n’ont pas toujours cité précisément les sources de vitamine D (ex : 72 % seulement pour l’exposition au soleil, poisson gras : 61 %) ou les effets santé établis (ex : santé des os : 62-78 %). En revanche, ils ont mentionné des sources incorrectes (ex : poulet) et des effets santé pour lesquels il n’y a actuellement pas de consensus (ex : cancer, maladies cardiovasculaires ou cognitives). Globalement, un meilleur niveau de connaissance était observé chez les femmes, les participants plus éduqués, ceux avec un meilleur niveau de revenu, et lorsque le médecin était cité comme source d’information. Une forte incohérence a également été observée entre le statut réel en vitamine D des participants (concentration plasmatique en 25-hydroxyvitamine D) et leur opinion à ce sujet : par exemple, 16 % seulement de ceux présentant une insuffisance en vitamine D (statut en vitamine D < 20 ng/ml) pensaient avoir un statut en vitamine D trop bas et seuls 30 % de ceux qui pensaient avoir un statut en vitamine D trop bas présentaient effectivement une insuffisance en vitamine D. Cette étude, la 1ère en Europe sur un large échantillon, montre le besoin de supports de communication simples et actualisés sur les sources et les effets santé de la vitamine D pour la population générale et les professionnels de santé.