E-épidémiologie nutritionnelle : compétences informatiques des participants à une web-cohorte sur les relations nutrition-santé.

J Med Internet Res. 2015 17(2):e34

Pouchieu C, Méjean C, Andreeva VA, Kesse-Guyot E, Fassier P, Galan P, Hercberg S, Touvier M.

CONTEXTE :
Dans un contexte où l’e-épidémiologie se développe rapidement au niveau international, très peu d’information existe sur les compétences informatiques des sujets et l’acceptation des contraintes liées à leur participation à une web-cohorte.
OBJECTIF :
Les objectifs de cette étude étaient d’évaluer les compétences en informatique et en utilisation d’Internet des participants à une large web-cohorte portant sur les relations nutrition-santé, et de comparer leurs attitudes face aux contraintes de l’étude selon leurs compétences informatiques et leurs caractéristiques sociodémographiques.
METHODOLOGIE :
Les données ont été collectées par auto-questionnaires sur Internet en 2013 chez 43 028 sujets de la cohorte NutriNet-Santé. Les comparaisons ont été effectuées par des analyses multivariées de régressions linéaire et logistique non-conditionnelle.
RESULTATS :
Près d’un quart des sujets (24 %) ont déclaré être « inexpérimentés » ou « novices » en informatique. Le niveau en informatique avait une influence sur le temps de remplissage des questionnaires (par exemple, 24 min en moyenne pour l’enregistrement alimentaire de 24h chez les sujets novices/inexpérimentés contre 21 min chez les sujets expérimentés/experts). Les femmes avaient tendance à être plus «positives» que les hommes à l'égard de l'étude, alors que les participants les plus instruits étaient moins enclins à accepter les contraintes liées à la fréquence (P <0,0001) ou la durée de remplissage (P <0,0001) des questionnaires.
CONCLUSIONS :
Cette étude fournit des informations utiles pour optimiser les investigations actuelles et futures en e-épidémiologie nutritionnelle. Une part non-négligeable de la population d’étude rapportait un faible niveau de compétences informatique/Internet, suggérant que ce point ne constitue pas un obstacle à la participation à des web-cohortes. Les résultats suggéraient également que certaines catégories de sujets ayant un niveau moyen plus faible en informatique (comme les femmes et les participants ayant un niveau d’éducation moins élevé) étaient plus positives envers l’étude et moins réticentes à se conformer à ses exigences.