Weight-loss strategies used by the general population: how are they perceived ?

Références

PLoS One. 2014 9(5):e97834

Auteurs

Julia C, Péneau S, Andreeva VA, Méjean C, Fezeu L, Galan P, Hercberg S.

Résumé

BACKGROUND:
The rising prevalence of obesity and the social pressure for thinness increase the prevalence of dieting. However, little is known about the overall perception of dieting strategies actually used by the general population.
OBJECTIVES:
Our main objective was to investigate perceptions of weight-loss practices in an observational study in order to identify the most favourable strategy.
DESIGN:
Adults from the ongoing Nutrinet-Santé cohort study who had reported engaging in dieting in the three previous years were included in the study. For each diet, detailed information was collected on types of diets, circumstances and perception of the diet, and outcomes. Perceptions were compared across diets using sex-specific mixed effects models.
RESULT:
Among the 48 435 subjects who had completed the respective questionnaire, 12 673 (26.7%, 87.8% of women) had followed at least one weight-loss diet in the previous three years. Diet plans prescribed by health professionals and diets conforming to official dietary recommendations were the most favourably perceived among all assessed weight-loss strategies. Alternatively, commercial diet plans and self-imposed dietary restrictions were more negatively perceived (Odds ratios (OR) for adherence difficulty 1.30 (95% confidence interval (0.99;1.7)) in men and OR 1.92 (1.76;2.10) in women compared to official nutritional guidelines; OR 1.06 (0.82;1.38) in men and OR 1.39 (1.26;1.54) in women respectively) compared to official nutritional guidelines.
CONCLUSION:
Official dietary recommendations could be useful tools for maintaining a dietary balance while following a weight-loss diet.

L’association entre l’alimentation liée aux émotions et la consommation d’aliments de type grignotage riches en calories est modifiée par le sexe et la symptomatologie dépressive.

Références

J Nutr. 2014 144(8):1264-73

Auteurs

Camilleri GM, Méjean C, Kesse-Guyot E, Andreeva VA, Bellisle F, Hercberg S, Péneau S.

Résumé

Au cours des dernières années, l'alimentation liée aux émotions (EmE) a suscité un vif intérêt en recherche comme déterminant psychologique majeur de la prise alimentaire et du surpoids. Toutefois, on connaît peu les facteurs qui pourraient moduler ses relations avec les habitudes alimentaires. L'objectif était d'examiner l'association entre l’EmE et la consommation d’aliments de snacking riches en calories et d'évaluer les interactions entre l’EmE et le sexe et entre l’EmE et la présence de symptômes dépressifs. Un total de 7378 hommes et 22 862 femmes issus de l’étude NutriNet-Santé (France, 2009-2013) ayant complété au moins 6 enregistrements alimentaires de 24 h ont été inclus dans cette analyse transversale. Le score d’EmE a été estimé à partir des données de la version révisée à 21 items du « Three-Factor Eating Questionnaire » et la symptomatologie dépressive a été évaluée par les scores de l’échelle « Center for Epidemiological Studies-Depression scale ». Les associations entre l’EmE et les consommations d’aliments riches en énergie ont été évaluées avec des modèles de régression logistique et linéaire multivariés ajustés pour les facteurs sociodémographiques et de style de vie. Un score d’EmE plus élevé était associé à une plus grande consommation d’aliments de snacking riches en énergie et, en particulier, la consommation d'aliments gras et sucrés dans la plupart des catégories étudiées. Cependant, ces associations étaient plus fortes chez les femmes avec symptômes dépressifs (par exemple, pour une forte consommation de chocolat, OR : 1,77, IC 95 % : 1,43-2,20 ; gâteaux/ biscuits/pâtisseries, OR : 1,81, IC 95 % : 1,45-2,26) comparées à celles sans symptômes dépressifs (par exemple, pour une forte consommation de  chocolat, OR : 1,52, IC 95 % : 1,36-1,69 ; gâteaux/biscuits/pâtisseries, OR : 1,44, IC à 95 % : 1,29-1,61). En revanche, les associations positives observées chez les hommes sans symptômes dépressifs (par exemple, pour une consommation forte de chocolat, OR : 1,33, IC 95 % : 1,16-1,52 ; gâteaux/biscuits/pâtisseries, OR : 1,28, IC à 95 % : 1,11-1.48) n’ont pas été retrouvées chez les hommes présentant des symptômes dépressifs. En conclusion, chez les femmes, l’EmE était positivement associée à la consommation d’aliments riches en énergie, en particulier chez celles avec symptômes dépressifs. Pour les hommes, la relation entre l’EmE et les aliments de snacking riches en énergie a été trouvé seulement chez ceux sans symptômes dépressifs. Ces résultats appellent à prendre en considération l'état psychologique afin de cibler les habitudes alimentaires malsaines, en particulier chez les femmes.

L'attirance sensorielle pour le gras est associée aux caractéristiques sociodémograhiques, psychologiques, de modes de vie et de santé

Références

Br J Nutr. 2014 112(8):1353-63

Auteurs

Lampuré A, Deglaire A, Schlich P, Castetbon K, Péneau S, Hercberg S, Méjean C.

Résumé

Les relations entre l’attirance sensorielle et les caractéristiques individuelles, connues pour être des déterminants des consommations alimentaires, sont peu abordées dans la littérature alors que l’on peut supposer que divers facteurs individuels modulent les relations entre attirance et consommations. Seulement quelques travaux s’y sont intéressés et ont mis en évidence qu’une forte attirance pour le gras était associée avec une faible restriction cognitive liée à l’alimentation chez des sujets obèses et à une forte désinhibition alimentaire chez des personnes suivant un régime. Cependant, ces études ont été menées sur de petits échantillons peu diversifiés et les associations avec d’autres facteurs n’ont pas encore été explorées (économiques, de mode de vie). De plus, la distinction entre les sensations de gras-salé et de gras-sucré n’a encore jamais été faite, or il peut y avoir des associations spécifiques en fonction de la sensation considérée. Dans ce travail, l’objectif était donc d’analyser les différentes associations entre l’attirance pour les sensations de gras-salé et de gras-sucré et les caractéristiques sociodémographiques, économiques, psychologiques, de mode de vie et de santé, au sein d’un large échantillon. Pour répondre à cette question, des analyses de régression logistique multinomiale ont été menées sur 37 181 sujets afin d’étudier les associations entre l’attirance pour les sensations de gras-salé et de gras-sucré et les différentes caractéristiques, chez les hommes et chez les femmes séparément.
Les sujets appartenant à des catégories socio-professionnelles défavorisées, ceux ayant une forte désinhibition alimentaire et les individus obèses étaient plus susceptibles d’être fortement attirés par les sensations de gras-sucré et de gras-salé comparés aux individus appartenant à des catégories socioprofessionnelles favorisées, ceux n’étant pas désinhibés d’un point de vue alimentaire et les sujets normo-pondéraux, respectivement. En revanche, les sujets âgés et les individus fortement restreints étaient moins enclins à être fortement attirés par le gras-sucré et le gras-salé. Par ailleurs, les femmes qui suivaient un régime étaient plus susceptibles d’être fortement attirées par les sensations de gras-salé et de gras-sucré, alors que celles qui avaient suivi un régime dans le passé étaient moins enclines à être attirées par le gras-salé. D’autres associations plus spécifiques ont été trouvées selon la sensation considérée. En effet, les fumeurs et les forts consommateurs d’alcool étaient plus susceptibles d’être fortement attirés par la sensation de gras-salé que les non-fumeurs et les non-consommateurs d’alcool. Concernant le gras-sucré, les sujets ayant une forte émotionalité alimentaire étaient plus susceptibles d’être fortement attirés. Ces résultats permettent d’identifier les profils individuels associés à une forte attirance pour la sensation de gras et également des caractéristiques spécifiques liées au gras-salé ou au gras-sucré. Des facteurs défavorables à la santé tels que les catégories socio-professionnelles défavorisées, les régimes amaigrissants ainsi que le surpoids sont en lien avec une forte attirance pour le gras, de même une forte attirance pour le gras-salé est en lien avec le tabagisme et une forte consommation d’alcool. Toutes ces nouvelles données permettent de mettre en évidence des « profils à risque » et d’identifier des potentiels facteurs de confusion dans la relation entre attirance pour le gras et consommation, car il a déjà été mis en évidence que ces caractéristiques sont également associées à la consommation.

Association entre les apports en nutriments et aliments et l'attirance sensorielle pour le gras (Etude Nutrinet-Santé)

Références

Appetite. 2014 78:147-55

Auteurs

Méjean C, Deglaire A, Kesse-Guyot, Hercberg S, Schlich P, Castetbon K.

Résumé

L’influence, sur les comportements alimentaires, des propriétés hédoniques d'aliments gras, salés ou sucrés, par ailleurs reconnus comme défavorables à la santé, a été peu explorée. Nous avons étudié les relations entre attirance pour les sensations de gras, salé et sucré et consommations alimentaires. Des scores d’attirance envers le salé, le gras-salé, le sucré et le gras-sucré ont été construits à partir d’un questionnaire validé, auprès des participants de l’étude Nutrinet-Santé (n=41 595). Les relations entre scores d’attirance et consommations alimentaires ont été évaluées par comparaisons de moyennes ajustées sur l’âge et les apports énergétiques, stratifiées par sexe. Plus l’attirance envers une sensation était forte, plus l’apport énergétique était élevé (+100 à 300 Kcal) et les consommations en fruits et légumes étaient faibles (-11 % à 21 %), particulièrement chez les hommes. Les individus ayant des préférences élevées pour le salé avaient des consommations plus élevées en sodium (+ 7 %), boissons alcoolisées (+ 28 % à 47 %) et matières grasses (+ 13 %). L’attirance pour le gras-salé était positivement associée aux consommations de produits salés et gras-salés (+ 10 % à 33 %) et inversement associée aux consommations de produits sucrés (- 10 %) et boissons alcoolisées (- 15 %). Les sujets ayant des préférences élevées pour le sucré et gras-sucré avaient des consommations plus élevées de produits gras-sucrés (+ 15 % à 30 %) et produits sucrés (pour l’attirance pour le sucré) (+ 5 %).
L’attirance forte pour ces sensations est associée à des profils alimentaires défavorables, soulignant la nécessité de considérer au premier plan la perception hédonique individuelle dans l’étude des déterminants des comportements alimentaires.

Association entre la perception des logos en face avant des emballages et des caractéristiques nutritionnelles, de modes de vie et de santé

Références

Plos One. 2014 9(3):e90971

Auteurs

Méjean C, Macouillard P, Peneau S, Hercberg S, Castetbon K.

Résumé

OBJECTIF :
Un questionnaire Internet spécifique développé par l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle a évalué, dans le cadre de l’étude NutriNet-Santé (https://www.etude-nutrinet-sante.fr), la compréhension et l’acceptabilité de différents logos présentant une information nutritionnelle.
METHODOLOGIE :
Sur des représentations d’emballage de soupes industrielles, ont été testés 5 logos allant d’une information nutritionnelle très simplifiée (le feu tricolore simple, le logo du Programme National Nutrition Santé/PNNS et la coche verte) à plus complète (le feu tricolore multiple, appelé « Traffic Lights Multiple » déjà utilisé en Grande-Bretagne sur une base volontariste). Ces logos comportent un critère de jugement soit uniquement positif, (logo PNNS, coche verte), soit positif, neutre ou négatif (feux tricolores) ou proposent un jugement moins catégorique (dégradé de couleurs). L’originalité de l’étude est d’avoir pris en compte différentes dimensions constituant l'acceptabilité qui permettent de définir avec précision les profils de perception des logos d’information nutritionnelle et d'élucider leur relation avec les facteurs individuels.
RESULTATS :
Les résultats portant sur 28 952 adultes participant à la cohorte NutriNet-Santé montrent des différences d’acceptabilité et de compréhension des différents logos en fonction des comportements alimentaires et de l’état de santé des participants (obésité, hypertension, diabète, etc.). Aucun logo ne s’est démarqué des autres en termes d’acceptabilité et de compréhension dans les populations ayant une alimentation plutôt « défavorable » à la santé (plus éloignée des recommandations nutritionnelles). Cependant, les logos comportant un critère de jugement positif, neutre ou négatif sur les aliments, tel que les feux tricolores simples et multiples, étaient les modèles les plus appréciés par les personnes obèses, hypertendus ou diabétiques participant à l’étude : il a été retrouvé un tiers d’obèses en plus dans le groupe de sujets déclarant préférer le feu tricolore simple, un quart d’hypertendus en plus et deux fois plus de diabétiques dans le groupe des sujets qui plébiscitaient le feu tricolore multiple, par rapport aux groupes qui déclaraient préférer les logos PNNS et coche verte.

Application du profil nutritionnel des aliments de la Food Standards Agency dans une table de composition alimentaire française

Références

Br J Nutr. 2014 112:1699-705

Auteurs

Julia C, Kesse-Guyot E, Touvier M, Mejean C, Fezeu L, Hercberg S.

Résumé

Ce travail avait pour objectif d’étudier l’application du score de la Food Standard Agency britannique (score FSA) dans le contexte alimentaire français. Le score FSA des aliments a été appliqué à l’ensemble des aliments et boissons présents dans la table de composition de l’étude Nutrinet-Santé (N=3331 aliments et N=177 boissons), et le classement des groupes alimentaires en fonction des quintiles statistiques (quartiles pour les boissons) a été évalué.
Dans l’ensemble, le score FSA classait les aliments de façon cohérente par rapport aux recommandations du PNNS : la majorité des fruits et légumes et produits céréaliers étaient classés dans les quintiles de score de meilleure qualité nutritionnelle (97,8 % des fruits et légumes classés dans les deux premiers quintiles) alors que les produits de grignotage étaient classés dans les quintiles de score de moins bonne qualité nutritionnelle (54,5 % des produits de grignotage sucrés étaient classés dans les deux derniers quintiles). Le score FSA permettait en outre de discriminer la qualité nutritionnelle des produits au sein de grands groupes alimentaires (p.e. yaourts et lait classés dans des quintiles de scores de meilleure qualité nutritionnelle par rapport aux fromages).

Régimes amaigrissants utilisés en population générale : comment sont-ils perçus?

Références

PLoS One. 2014 9:e97834

Auteurs

Julia C, Peneau S, Andreeva VA, Mejean C, Fezeu L, Galan P, Hercberg S.

Résumé

CONTEXTE :
L’augmentation progressive de la prévalence de l’obésité et la pression sociale envers la minceur ont tendance à augmenter la fréquence des régimes alimentaires. Néanmoins, peu d’informations sont disponibles sur la perception des régimes alimentaires utilisés dans la population.
OBJECTIF :
Notre objectif était d’étudier les perceptions associées à la pratique des régimes alimentaires dans une étude observationnelle afin d’identier la stratégie la plus favorable.
METHODOLOGIE :
Des adultes participant à l’étude NutriNet-Santé ayant rapporté avoir effectué un régime alimentaire dans les trois années précédent l’enquête ont été inclus à l’étude. Pour chacun des régimes effectuées, des informations détaillées sur les types de régimes, les circonstances et perceptions du régime ont été collectées. Les perceptions des différents régimes ont été comparées en utilisant des modèles mixtes stratifiés sur le sexe.
RESULTATS :
Parmi les 48 435 sujets ayant complété le questionnaire, 12 673 (26,7 %, 87,8 % de femmes) avaient effectué au moins un régime alimentaire dans les trois années précédentes. Les régimes prescrits par des professionnels de santé et ceux reposant sur les recommandations nutritionnelles étaient ceux perçus le plus favorablement. En revanche, les régimes commerciaux et les restrictions alimentaires auto-imposées étaient moins favorablement perçus (Odds ratios (OR) associé à la difficulté à suivre le régime 1,30 (intervalle de confiance à 95 % (0,99-1,7)) chez les hommes et OR 1,92 (1,76-2,10) chez les femmes en comparaison du suivi des recommandations) et conduisaient plus souvent à un regain pondéral et une alimentation déséquilibrée.
CONCLUSIONS :
Les recommandations nutritionnelles officielles peuvent être utiles afin de permettre aux individus de maintenir une alimentation équilibrée alors qu’ils suivent un régime alimentaire.  

La consommation de féculents dans la cohorte NutriNet-Santé : étude transversale des profils de consommateurs, contributions aux apports dans une étude de cohorte suivie par internet.

Références

Ann Nutr Metab. 2014 64(1):28-37

Auteurs

Szabo de Edelenyi F, Julia C, Courtois F, Méjean C, Péneau S, Galan P, Hercberg S, Kesse-Guyot E.

Résumé

CONTEXTE :
Le PNNS recommande de consommer des féculents « à  chaque repas selon l’appétit » (soit 3 à 6 portions de féculents par jour).
METHODOLOGIE :
Grâce au système de recueil des apports alimentaires via Internet, il a été possible d’estimer les apports en féculents dans l’alimentation. Au total les analyses ont porté sur 80 209 participants correspondant à 264 564 enquêtes alimentaires.
RESULTATS :
Les apports en féculents observés dans NutriNet-Santé sont de 257 g/j (300 g/j chez les hommes et 217 g/j chez les femmes). Parmi les différents féculents, le pain est le principal contributeur (environ 45 %), devant les pommes de terre (20 %), les pâtes (17 %) et le riz (8,5 %). La consommation de pain augmente avec l’âge, alors que celles de pâtes et de riz diminuent. La consommation de pommes de terre est stable avec l’âge sauf chez les plus de 65 ans où elle est légèrement plus élevée. Environ 35 % des hommes et 66 % des femmes ont des apports en féculents inférieurs aux recommandations nutritionnelles ; 9,5 % des hommes et 1,3 % des femmes ont des apports en féculents supérieurs aux recommandations et seulement 55 % des hommes et 33 % des femmes suivent les recommandations nutritionnelles. Cela explique que les apports en glucides ne représentent que 43 % des apports énergétiques, par rapport à la recommandation d’au moins 50 %. Cette insuffisance d’apports peut s’expliquer par le fait que seuls 22 % des Nutrinautes connaissent la recommandation du PNNS concernant la consommation des féculents. C’est le repère de consommation le moins bien connu des repères alimentaires du PNNS (par ex, ils sont 86 % à connaitre « au moins 5 fruits et légumes par jour », 85 % « du poisson au moins 2 fois par semaine » ; 74 % « viandes/poissons/œufs 1 à 2 fois par jour », 39 % « 3 produits laitiers par jour »). Les consommations de féculents inférieures aux recommandations sont plus fréquentes chez les sujets ayant suivi un ou plusieurs régimes amaigrissants dans le passé. Les féculents contribuent à hauteur de 21 % des apports énergétiques chez les femmes et 23 % chez les hommes, à 75 % des apports en glucides complexes dans les deux sexes et à 34 % des apports en fibres chez les femmes et 39 % pour les hommes. Ils apportent 21,5 % des apports totaux en vitamine B1, 20 % des apports en vitamine B6 et 16,5 % des apports en vitamine B9 (folates).
CONCLUSIONS :
Ces résultats justifient de promouvoir les recommandations du PNNS sur la consommation de glucides afin qu’ils contribuent à plus de 50 % des apports énergétiques journaliers, en favorisant la consommation des féculents (aliments sources d’amidon) et notamment les féculents complets (riches en fibres), tout en réduisant de 25 % la consommation actuelle de sucres simples, et en augmentant de 50 % la consommation de fibres.

Développement et validation d'un indice de qualité nutritionnelle de l'alimentation fondé sur le profil nutritionnel des aliments de la Food Standards Agency dans un contexte français

Références

J Nutr. 2014 144:2009-17

Auteurs

Julia C, Touvier M, Mejean C, Ducrot P, Peneau S, Hercberg S, Kesse-Guyot E.

Résumé

OBJECTIF :
L’objectif de ce travail était de développer un score de qualité nutritionnelle de l’alimentation d’un individu à partir des scores FSA des aliments consommés et d’étudier la validité d’un tel score global par rapport aux consommations alimentaires, apports nutritionnels et données socio-démographiques.
METHODOLOGIE :
Un échantillon représentatif de la population française a été tiré au sort parmi les participants à l’étude NutriNet-Santé (N=4225). L’apport énergétique de chaque aliment consommé par l’individu était utilisé pour calculer un score agrégé au niveau individuel.

RESULTATS :

 

Les sujets ayant un score FSA-individu plus faible (plus favorable) avaient des consommations plus importantes en fruits, légumes et poisson et des consommations plus faibles en produits de snacking sucrés. Ils avaient aussi des apports nutritionnels en vitamines et minéraux plus élevés et des apports en acides gras saturés plus faibles. Ils avaient une meilleure adhérence aux recommandations du PNNS. Les femmes, les sujets plus âgés et les sujets ayant des revenus plus élevés avaient des scores plus faibles.
CONCLUSIONS :
Le score FSA des aliments permet de caractériser la qualité nutritionnelle globale de l’alimentation au niveau individuel dans un contexte français.

Facteurs de risque de cancer (socio-démographiques, économiques, nutritionnels et liés au mode de vie) associés à la consommation d'alcool

Références

Int J Cancer. 2014 134(2):445-59

Auteurs

Touvier M, Druesne-Pecollo N, Kesse-Guyot E, Andreeva VA, Galan P, Hercberg S, Latino-Martel P.

Résumé

La consommation d'alcool est un facteur de risque bien établi dans l'étiologie de plusieurs cancers. Au niveau international, des études ont été conduites sur les facteurs socioéconomiques et démographiques associés à la consommation d’alcool, mais les résultats sont complexes et contrastés. En outre, l'association entre la consommation d'alcool et le respect des recommandations nutritionnelles a été peu documentée, et très peu de données existent quant au potentiel rôle de déterminants ou de facteurs modificateurs des antécédents personnels ou familiaux de pathologies (cancer notamment) sur la consommation d’alcool. Nos objectifs étaient de : 1) identifier les facteurs sociodémographiques, nutritionnels et de mode de vie associés à la consommation d'alcool ; 2) identifier les profils de consommateurs d'alcool selon le type de boissons alcoolisées ; 3) estimer le nombre de facteurs de risque de cancer cumulés au niveau individuel en fonction du niveau de consommation d'alcool.

Les apports en alcool et en nutriments ont été estimés par 6 enregistrements de 24 h pour 29 566 adultes de la cohorte NutriNet-Santé. Les facteurs associés à la consommation d'alcool (non-buveurs (référence)/< 10 g/j/ ≥ 10 g/j) ont été évalués par régression logistique multivariée polytomique stratifiée sur le sexe. Chez les consommateurs d'alcool, les % d’alcool apporté par chaque type de boisson ont été comparés entre les caractéristiques sociodémographiques et de mode de vie à l'aide de tests non-paramétriques de Kruskal-Wallis. Une analyse des correspondances multiples a également été réalisée pour identifier des clusters de facteurs de risque associés à la consommation d’alcool.

Plusieurs facteurs ont été associés à une consommation d'alcool ≥ 10 g/j (au moins 1 verre/j) dans les deux sexes : l'âge (PH=0,02, PF<0,0001), le tabagisme (PH et F<0,0001), les catégories socioprofessionnelles supérieures (PH et F<0,0001), un revenu plus élevé (PH=0,003, PF<0,0001) et des apports alimentaires moins sains (au regard des recommandations nutritionnelles en vigueur pour la prévention primaire des cancers). Les profils des sujets variaient selon les types de boissons alcoolisées. Les hommes ayant des antécédents de maladies cardiovasculaires (P=0,0002) ou de dépression (P=0,03) et les femmes ayant des antécédents de cirrhose (P<0,0001) consommaient moins d'alcool. Chez les femmes, un antécédent personnel de cancer était associé à une plus faible proportion de consommatrices modérées d'alcool uniquement (< 10 g/j, P=0,04). Dans les deux sexes, les sujets qui buvaient au moins 1 verre par jour cumulaient plus de facteurs de risque que les non buveurs, sans compter l’alcool (lui-même facteur de risque) : médiane = 5 versus 4, P<0,0001.

Contrairement aux résultats contrastés des études sur les profils de risque cardiovasculaire, la présente étude, basée sur un large échantillon d'adultes (n > 29 000), met en évidence un cluster de facteurs de risque de cancer (démographiques, de mode de vie et nutritionnels) associés à la consommation d’alcool, qui peuvent exercer une influence synergique délétère sur le risque de cancer. Pour la première fois, cette étude fournit des informations détaillées sur les antécédents personnels et familiaux de cancer, les maladies cardiovasculaires et la dépression comme déterminants potentiels ou modificateurs de la consommation d'alcool. La multiplicité des modes de vie néfastes associés à la consommation d'alcool doit être prise en compte dans les efforts de prévention des cancers. Des conseils médicaux sexe-spécifiques pour les personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de maladies liées à l'alcool devraient être renforcés.